Cobalt congolais : accord tripartite signé à Madrid pour les USA

Cobalt congolais : accord tripartite signé à Madrid pour les USA

Le 23 mai 2026, trois acteurs majeurs du secteur minier et énergétique se sont réunis à Madrid, en Espagne, pour officialiser un protocole d’accord tripartite. L’Entreprise Générale du Cobalt (EGC), la société américaine EVelution Energy LLC et le groupe de négoce Trafigura ont signé un MOU destiné à garantir un approvisionnement durable en hydroxyde de cobalt extrait en République démocratique du Congo, à destination du marché américain.

Ce dispositif a été conçu pour répondre à une partie substantielle des besoins en cobalt des États‑Unis, estimée à 40 % de la demande projetée. En sécurisant un flux continu de ce métal critique, les signataires visent à réduire la dépendance de l’économie américaine aux sources d’approvisionnement jugées vulnérables, tout en offrant à la RDC une visibilité accrue sur ses exportations.

L’accord s’inscrit dans le cadre plus large d’un partenariat stratégique signé entre les deux pays en décembre 2025, qui porte sur les minerais dits « critiques ». Ce cadre a été élaboré pour renforcer la coopération entre Washington et Kinshasa, en mettant l’accent sur la traçabilité, la durabilité et la responsabilité sociale des chaînes d’approvisionnement. Le MOU de Madrid concrétise ainsi les engagements pris l’an dernier lors de la signature de cet accord bilatéral.

Chaque partie a reçu un rôle clairement défini. L’Entreprise Générale du Cobalt a la charge de garantir l’origine congolaise du produit, assurant ainsi que l’hydroxyde provient de mines respectant les normes internationales en matière de provenance et de conformité. EVelution Energy, quant à elle, se charge de la transformation et du conditionnement du cobalt, préparant le matériau aux exigences techniques du marché américain. Enfin, Trafigura assure la logistique, le transport et la commercialisation, mobilisant son réseau mondial pour acheminer le produit jusqu’aux usines et aux clients finaux aux États‑Unis.

Pour la République démocratique du Congo, ce partenariat représente une opportunité de renforcer son rôle de fournisseur clé dans les chaînes de valeur mondiales. En garantissant un débouché stable et à long terme, l’accord pourrait contribuer au développement local, à la création d’emplois et à l’amélioration des infrastructures liées à l’extraction et à la transformation du cobalt. Le modèle de répartition des responsabilités, présenté lors de la signature, vise à favoriser la transparence et à réduire les risques de détournement ou de non‑conformité.

Du côté des États‑Unis, la sécurisation d’une part importante de l’approvisionnement en cobalt répond à une priorité stratégique. Le métal est indispensable à la fabrication de batteries pour véhicules électriques, de systèmes de stockage d’énergie et d’autres technologies vertes. En diversifiant ses sources et en s’appuyant sur un accord formel avec la RDC, le pays cherche à atténuer les incertitudes liées aux fluctuations géopolitiques et aux restrictions commerciales qui ont parfois perturbé les marchés du cobalt.

Ce protocole d’accord s’inscrit dans un contexte mondial où la demande en cobalt continue de croître, portée par la transition énergétique et la digitalisation. Bien que les chiffres exacts ne soient pas détaillés dans le communiqué, les parties ont souligné l’importance de mettre en place des mécanismes de suivi et de vérification afin de garantir la conformité du produit tout au long de la chaîne. Le MOU signé à Madrid constitue ainsi une étape concrète vers une chaîne d’approvisionnement plus résiliente et responsable, répondant aux exigences des industriels américains et aux attentes de la communauté internationale en matière de durabilité.