Le 10 février 2026, la 32e édition du Mining Indaba a rassemblé plus de 10 000 personnes autour du slogan « Progresser grâce aux partenariats ». Organisé comme le principal forum d’investissement du secteur minier en Afrique, cet événement a réuni l’ensemble des acteurs – gouvernements, entreprises, institutions financières et organisations de la société civile – autour d’un même objectif : repenser la façon dont les ressources sont exploitées et partagées.
Cette année, les États participants, dont la République démocratique du Congo (RDC), ont mis en avant la nécessité de bâtir des partenariats durables avec les investisseurs. L’accent a été placé sur la volonté de sortir d’un modèle traditionnellement extractif, où les matières premières quittaient rapidement les pays d’origine sans laisser d’impact durable. La RDC a ainsi présenté son ambition de transformer les investissements miniers en leviers de développement local.
Selon les organisateurs du Mining Indaba, les projets miniers ont déjà permis la création d’infrastructures physiques, énergétiques, numériques et sociales à travers le continent. Ces réalisations, souvent implantées dans des zones isolées ou mal desservies, sont désormais perçues comme des biens partagés plutôt que comme des installations réservées à des intérêts privés. La RDC a souligné que cette approche pouvait contribuer à réduire les inégalités territoriales et à renforcer la cohésion économique.
Dans le cadre de cette nouvelle orientation, les autorités congolaises ont indiqué que les futurs contrats d’exploration et d’exploitation seraient évalués à l’aune de critères de durabilité. Ces critères incluent la contribution aux réseaux d’énergie locaux, le développement d’infrastructures numériques accessibles, ainsi que la mise en place de programmes sociaux destinés aux communautés environnantes.
Le slogan « Progresser grâce aux partenariats » a été décliné en plusieurs messages clés lors des conférences et tables‑rondes. Les intervenants ont insisté sur la nécessité d’une gouvernance transparente, d’une répartition équitable des revenus et d’une implication active des populations locales dans la prise de décision. L’idée était de créer un cadre où les bénéfices économiques seraient accompagnés d’impacts positifs sur la santé, l’éducation et l’accès à l’eau.
Les discussions ont également porté sur le rôle des technologies numériques dans la modernisation du secteur minier. Des solutions de suivi en temps réel, de cartographie géospatiale et de gestion de la chaîne d’approvisionnement ont été présentées comme des outils capables d’améliorer la traçabilité des minerais et de garantir le respect des normes environnementales.
Sur le plan énergétique, plusieurs projets d’infrastructures partagées ont été mis en avant. Des centrales solaires ou hydroélectriques, construites à proximité des sites d’extraction, sont envisagées pour alimenter à la fois les opérations minières et les communautés locales, réduisant ainsi la dépendance aux énergies fossiles et favorisant l’accès à l’électricité dans des zones auparavant non électrifiées.
Les représentants de la RDC ont rappelé que, malgré les défis persistants, le pays possède un potentiel minier parmi les plus importants d’Afrique. En orientant les investissements vers des modèles durables, la RDC espère non seulement augmenter ses recettes publiques, mais aussi créer des emplois locaux et renforcer les capacités techniques de sa main‑d’œuvre.
Le Mining Indaba a également été l’occasion de mettre en lumière des initiatives de financement innovant, notamment des fonds verts dédiés aux projets miniers à faible empreinte carbone. Ces mécanismes de financement visent à attirer des capitaux qui intègrent des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) dès la phase de conception des projets.
En conclusion, la 32e édition du Mining Indaba a marqué un tournant dans la manière dont les pays africains, et la RDC en particulier, envisagent leurs ressources naturelles. En adoptant le principe de partenariats durables, les acteurs du secteur s’engagent à transformer les investissements miniers en moteurs de développement partagé, au service des populations les plus vulnérables.
Les prochains mois seront décisifs pour la mise en œuvre de ces engagements. Les gouvernements, les entreprises et les partenaires de la société civile devront travailler de concert afin de concrétiser les promesses formulées à Johannesburg, transformant ainsi le paysage minier africain en un modèle de croissance inclusive et responsable.