Dans une tribune publiée le 10 avril 2026, les auteurs de l’enquête menée par Target – Évangeline Masukani, Daniel Musendela et Nathan Kivulani – estiment que la répartition actuelle des richesses minières en République démocratique du Congo constitue à la fois une force économique indéniable et un facteur de déséquilibre majeur.
L’enquête révèle qu’une vingtaine d’acteurs majeurs détiennent près de la moitié des carrés miniers du pays. Cette concentration, loin d’être anodine, implique que le contrôle des ressources naturelles se concentre entre les mains d’un nombre limité d’intervenants, ce qui façonne un modèle économique où le pouvoir est fortement centralisé.
L’auteur considère que cette configuration géographique restreinte – les blocs miniers étant concentrés dans quelques zones clés – accentue les inégalités entre les régions productrices et le reste du territoire. Ainsi, les provinces où se trouvent ces carrés miniers bénéficient d’investissements et d’infrastructures, tandis que d’autres régions restent largement marginalisées.
En se fondant sur les données de l’enquête, il apparaît que la richesse minière, bien que colossale, ne se traduit pas automatiquement en développement partagé. L’auteur souligne que la concentration des droits miniers entre peu d’acteurs crée un déséquilibre qui peut freiner la diversification économique et la création d’emplois au-delà du secteur extractif.
Par ailleurs, les auteurs de l’enquête insistent sur le caractère stratégique de cette situation. Le contrôle d’une part si importante des carrés miniers confère à ces acteurs une influence considérable sur les politiques publiques, les décisions d’investissement et les flux de capitaux. L’auteur estime que cette influence, lorsqu’elle n’est pas encadrée par une gouvernance transparente, peut générer des dérives et des tensions au sein de la société congolaise.
Le constat présenté par Target met en lumière une réalité inquiétante : la richesse minière du pays, au lieu d’être un levier de croissance inclusive, se trouve aujourd’hui au cœur d’un système où le pouvoir économique est fortement concentré. L’auteur considère que cette dynamique nécessite une réflexion approfondie sur les mécanismes de répartition des bénéfices et sur les cadres réglementaires qui encadrent l’exploitation minière.
Dans le même temps, les auteurs ne se limitent pas à dénoncer la concentration. Ils appellent à une meilleure gouvernance des ressources, à une transparence accrue et à la mise en place de mécanismes de suivi qui permettent de vérifier que les retombées économiques profitent à l’ensemble de la population. L’auteur estime que ces mesures sont essentielles pour transformer la richesse minière en un véritable moteur de développement durable.
En outre, l’enquête souligne que la concentration des carrés miniers dans quelques zones géographiques crée des vulnérabilités environnementales. L’auteur considère que la concentration des activités extractives peut entraîner une pression accrue sur les écosystèmes locaux, ce qui nécessite une planification environnementale rigoureuse et une surveillance continue.
Face à ces constats, les auteurs de la tribune invitent les décideurs, les acteurs du secteur privé et la société civile à engager un dialogue constructif. L’auteur estime que seule une approche collaborative, appuyée par des données fiables, pourra permettre de rééquilibrer le modèle économique actuel et d’assurer une distribution plus équitable des richesses.
Enfin, l’auteur rappelle que la RDC possède un potentiel minier parmi les plus importants au monde. Toutefois, ce potentiel ne pourra se concrétiser en bénéfices partagés que si les structures de contrôle sont repensées et si la gouvernance devient plus inclusive. L’enquête de Target, en exposant la concentration actuelle, offre ainsi une base factuelle indispensable pour envisager des réformes structurantes.
En résumé, la tribune souligne que la réalité décrite par l’enquête – une vingtaine d’acteurs détenant près de la moitié des carrés miniers – représente à la fois une force économique et une source de déséquilibre. L’auteur considère que la prise de conscience de ce fait constitue la première étape vers une réorientation du modèle minier congolais, afin qu’il serve réellement le développement de l’ensemble du pays.