Le 20 juillet 2026, le gouvernement de la République démocratique du Congo a officiellement tiré la sonnette d’alarme face à une reprise de la fraude liée aux produits pétroliers dans les zones du Sud et de l’Est du pays. Dans une correspondance adressée à la Direction générale des douanes et accises (DGDA), le vice‑premier ministre en charge de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, a demandé l’ouverture d’enquêtes ciblées et le renforcement des contrôles douaniers.
Cette requête s’appuie sur les rapports de suivi des recettes établis par la Task Force DGDA‑ECONAT, un groupe de travail mixte chargé d’analyser les flux fiscaux et parafiscaux liés aux produits pétroliers. Le document officiel indique que « les signaux de reprise de la fraude pétrolière […] sont de retour », soulignant ainsi la persistance de pratiques illicites qui avaient déjà été observées par le passé.
Selon les observations de la Task Force, les mécanismes de fraude identifiés concernent principalement la sous‑déclaration des volumes de carburant importés, ainsi que la manipulation des fiches de consommation au niveau des stations-service situées dans les régions du Sud et de l’Est. Ces pratiques permettent à certains acteurs de détourner une partie du produit avant qu’il ne soit enregistré dans les comptes de l’État.
Le vice‑premier ministre a précisé que ces dérives entraînent des pertes notables pour les recettes publiques, en raison de la différence entre les quantités réellement consommées et celles déclarées aux autorités fiscales. Bien que le texte source ne fournisse pas de chiffres exacts, il mentionne que certains volumes de carburants mis en consommation échappent au contrôle officiel, réduisant ainsi les recettes attendues du budget national.
Face à cette situation, la DGDA a été invitée à mobiliser ses moyens d’inspection, à renforcer les points de contrôle aux postes frontaliers et à collaborer étroitement avec les services de l’Économie nationale. L’objectif affiché est de détecter rapidement les irrégularités, d’intercepter les flux suspects et de garantir que chaque litre de carburant importé soit correctement enregistré.
Le dispositif de la Task Force DGDA‑ECONAT repose sur une veille permanente des données douanières, des déclarations de transporteurs et des rapports de consommation des distributeurs. Cette approche permet d’identifier les écarts entre les quantités déclarées à l’importation et les volumes réellement distribués sur le marché local.
Dans le cadre de la demande du vice‑premier ministre, la DGDA a indiqué qu’elle allait lancer des opérations de vérification in situ dans les zones concernées. Les équipes de contrôle prévoient de se rendre sur le terrain, de vérifier les registres de stockage, de procéder à des prélèvements aléatoires et d’interroger les responsables des stations-service afin de recouper les informations.
Cette initiative s’inscrit dans une dynamique plus large du gouvernement congolais, qui cherche à renforcer la transparence et la traçabilité des produits pétroliers, secteur clé de l’économie nationale. En effet, les recettes tirées du pétrole et des produits dérivés représentent une part importante du budget de l’État, et toute perte financière a un impact direct sur les capacités de financement des services publics.
Les autorités ont rappelé que la lutte contre la fraude pétrolière ne se limite pas aux contrôles douaniers, mais implique également la coopération avec les institutions judiciaires et les organes de régulation du marché de l’énergie. Une coordination accrue entre ces entités est jugée indispensable pour poursuivre les auteurs de ces infractions et récupérer les sommes détournées.
Le même jour, les auteurs de l’article original – Évangeline Masukani, Daniel Musendela et Nathan Kivulani – ont souligné l’importance d’une vigilance continue, notamment dans les régions où les infrastructures de contrôle restent fragiles. Ils ont également indiqué que le suivi des indicateurs de fraude serait renforcé afin de prévenir de nouvelles reprises de pratiques illicites.
En attendant les résultats des enquêtes, le gouvernement a exhorté les acteurs du secteur à respecter scrupuleusement les procédures douanières et à déclarer l’ensemble des volumes importés. Le message est clair : toute tentative de dissimulation ou de manipulation des données sera traitée avec la plus grande sévérité.
La situation observée dans les zones du Sud et de l’Est rappelle les défis permanents auxquels sont confrontées les autorités congolaises en matière de gestion des ressources naturelles. Le suivi de la fraude pétrolière reste un enjeu majeur pour la consolidation des finances publiques et la confiance des partenaires économiques nationaux et internationaux.
