RDC prépare la feuille de route du B‑Ready, indicateur global

RDC prépare la feuille de route du B‑Ready, indicateur global

Le 1 août 2026, la République démocratique du Congo a officiellement entamé l’élaboration d’une feuille de route dédiée au nouvel indicateur Business‑Ready (B‑Ready) de la Banque mondiale. Cette initiative vient remplacer le précédent rapport Doing Business, dont la méthodologie était jugée insuffisante pour refléter les réalités économiques africaines.

Le B‑Ready a été conçu comme un outil plus complet, intégrant non seulement la facilité de créer et de faire fonctionner une entreprise, mais aussi la qualité de l’environnement réglementaire, la transparence des procédures et la capacité d’exécution des réformes. La RDC, qui a déjà obtenu en 2025 une note de 63,61 pour le pilier relatif au cadre réglementaire, a vu cette performance dépasser celle de plusieurs économies comparables.

Cette note de 63,61, issue de l’évaluation 2025, témoigne des progrès réalisés dans la modernisation du dispositif juridique encadrant l’activité économique. Les réformes récentes, notamment la simplification des procédures d’enregistrement et la digitalisation de certains services administratifs, ont contribué à améliorer la perception du climat des affaires par les investisseurs.

Malgré ces avancées, les auteurs du rapport – Évangeline Masukani, Daniel Musendela et Nathan Kivulani – soulignent que le principal défi demeure la mise en œuvre effective des textes déjà adoptés. Selon eux, la différence entre la législation en vigueur et son application concrète reste trop importante, ce qui freine encore la compétitivité du pays.

La nouvelle feuille de route s’articule autour de trois axes majeurs : premièrement, renforcer la capacité des institutions publiques à appliquer les réformes ; deuxièmement, améliorer la formation et les compétences des fonctionnaires chargés du suivi des procédures ; troisièmement, instaurer des mécanismes de suivi et d’évaluation transparents afin de mesurer les progrès réalisés.

Dans le cadre de ce processus, le gouvernement congolais a prévu de publier, d’ici la fin de l’année, un tableau de bord détaillant les indicateurs de performance clés (KPI) liés au B‑Ready. Ce tableau de bord permettra de suivre l’évolution des délais de traitement, le taux de conformité des entreprises aux normes locales et la satisfaction des acteurs économiques.

Par ailleurs, la Banque mondiale s’est engagée à accompagner la RDC dans la phase de mise en œuvre, en apportant un soutien technique et financier. Des experts seront déployés pour former les agents publics, optimiser les systèmes d’information et garantir la cohérence des réformes avec les standards internationaux.

Le passage du cadre Doing Business à l’indicateur B‑Ready représente, selon les analystes, une évolution logique vers une évaluation plus holistique du climat des affaires. En effet, le B‑Ready intègre des dimensions auparavant négligées, comme la protection des droits de propriété intellectuelle et la résilience des entreprises face aux chocs économiques.

Les acteurs du secteur privé congolais ont accueilli favorablement cette démarche, tout en rappelant la nécessité d’une exécution rapide et fiable des réformes. Le Syndicat des entreprises du Congo (SEC) a indiqué que la simplification des procédures d’obtention de licences et la réduction des délais de paiement des factures publiques étaient des priorités immédiates.

En parallèle, les organisations de la société civile ont appelé à une plus grande transparence dans la gestion des fonds alloués à la mise en œuvre du B‑Ready. Elles ont proposé la création d’un observatoire indépendant chargé de publier régulièrement des rapports d’avancement.

Cette feuille de route, qui s’inscrit dans la stratégie nationale de développement économique à moyen terme, vise à positionner la RDC comme un hub attractif pour les investissements étrangers en Afrique centrale. Le gouvernement espère ainsi attirer davantage de capitaux directs, créer de nouveaux emplois et diversifier son économie traditionnellement dépendante des ressources minières.

En résumé, la préparation de la feuille de route du B‑Ready constitue un pas décisif pour la RDC. Elle s’appuie sur les progrès déjà réalisés en matière de cadre réglementaire, tout en reconnaissant les défis persistants liés à l’application concrète des réformes. La collaboration étroite entre le pays et la Banque mondiale, combinée à un suivi rigoureux, devrait permettre d’améliorer durablement le climat des affaires congolais.